Le printemps arrive dans quelques jours.
Et avec lui, l’espoir discret de se sentir plein d’énergie, plus léger, prêt, plus motivé, plus vivant.
Pourtant, cette saison porte aussi une pression silencieuse. Une attente diffuse, rarement exprimée, mais souvent ressentie : celle d’aller mieux, de repartir, de s’élancer.
Le printemps : un effort du vivant
La tradition ayurvédique et la philosophie du yoga l’ont toujours reconnu : le changement de saison n’est pas un simple cadeau, c’est une nécessité. Et le printemps est la transition entre l’hiver et l’été.
L’hiver invite à se contracter, à se préserver, à ralentir.
Le printemps, lui, appelle à s’ouvrir, à bouger, à laisser partir ce qui s’est accumulé.
Ce passage, cette transition demande un véritable travail du corps. La lourdeur que l’on peut ressentir au début du printemps n’est pas une résistance à la saison. C’est l’effort du changement.
Sandhya : l’intelligence des entre-deux
En yoga et en Ayurveda, les transitions ne sont pas considérées comme de simples passages entre deux états stables.
Elles sont des états en elles-mêmes, porteurs d’une intelligence propre.
En sanskrit, Sandhya désigne ces moments charnières : l’aube, le crépuscule, la suspension entre l’inspiration et l’expiration.
Ces instants sont sacrés précisément parce qu’ils sont instables. Ni tout à fait là où l’on était, ni encore là où l’on va.
Le printemps est une sandhya. Et lorsque le corps se sent lourd, hésitant ou incertain en mars, il ne trahit pas la saison. Il est en train de l’habiter pleinement.
Le printemps à la lumière du Yoga : transformation et pratique
Le yoga nous invite à regarder le printemps non pas comme un simple renouveau immédiat, mais comme un processus de transformation profond. Ainsi, rien ne croît sans qu’une forme précédente ne soit transmutée comme la chenille qui disparaît pour que le papillon puisse naître ou la graine qui se fend pour laisser émerger une nouvelle plante.

Ce passage est une offrande : ce que nous croyons perdre devient ce qui nous permet de grandir.
Pour cela, au printemps, Agni, le feu transformateur, reprend doucement vigueur. Ce feu subtil, nourri par le souffle — Prâna — qui réchauffe, digère, transforme.
Grâce à Agni et Prâna, après la lourdeur et l’inertie de l’hiver (tamas), le mouvement réapparaît (rajas), comme la montée de la sève. Ce feu ne détruit pas : il alchimise.
Face à cela, le yoga ne nous demande pas d’accélérer ni de “réussir” notre renouveau. Il nous invite plutôt à :
- rester présent dans l’entre-deux,
- ne pas précipiter le changement,
- bouger avec douceur et progressivité,
- faire confiance au rythme du corps.
Comme la nature, nous ne fleurissons pas sur commande. Nous nous transformons, lentement, de l’intérieur.
Nos résistances aux transitions
Dans la vie quotidienne, nous tolérons souvent mal ces espaces intermédiaires.
Nous voulons que les choses changent vite.
Que l’ancien soit terminé.
Que le nouveau soit déjà là.
Mais les transitions ne sont pas des obstacles.
Elles sont des expériences à part entière.
La prochaine fois que vous ressentirez cette impatience — face à une saison, une situation, ou envers vous-même, essayez simplement de rester un instant de plus dans cet espace incertain.
Être pleinement présent dans la traversée, c’est déjà la pratique.
Sur le tapis : accompagner le passage
Au printemps, la pratique de yoga peut doucement évoluer :
- des enchaînements un peu plus dynamiques, mais progressifs
- des postures d’extension pour ouvrir l’espace du cœur (anahata)
- des torsions pour soutenir le travail d’Agni
- des pratiques de Pranayama pour purifier et relancer la circulation de l’énergie
Toujours avec cette même intention : accompagner, et non forcer.
Une posture pour soutenir la transformation : Matsyendrasana

Parmi les postures particulièrement adaptées à cette saison, Matsyendrasana — la torsion assise — accompagne en profondeur le travail de transformation du printemps.
Par la compression puis le relâchement des organes, elle stimule la digestion et soutient le travail d’Agni, ce feu intérieur qui transforme et assimile. Elle aide à “essorer” ce qui s’est accumulé, autant sur le plan physique qu’énergétique.
Mais au-delà de ses effets physiologiques, cette posture nous enseigne aussi quelque chose de plus subtil : on ne force pas une torsion. Elle se construit progressivement, souffle après souffle, dans l’écoute du corps et de ses ressentis.
Elle invite à :
- prendre appui dans la stabilité avant de tourner,
- respecter la limite du corps sans chercher à aller plus loin,
- trouver de l’espace dans la spirale plutôt que dans la contrainte.
Comme le printemps, Matsyendrasana n’est pas un mouvement brusque. C’est une transformation lente, intérieure, qui se révèle dans la douceur.
5 Fleurs de Bach pour accompagner le passage
Les Fleurs de Bach peuvent être de précieuses alliées pour traverser cette période avec plus de douceur et de sérénité. En voici 5 parmi les 38 qui peuvent nous accompagner dans ce passage printanier.





- Walnut : la fleur de la transition par excellence. Elle aide à s’adapter aux changements, à se protéger des influences extérieures et à rester aligné dans les phases de passage.
- Olive : idéale en cas de fatigue profonde, elle soutient lorsque le corps se remet en mouvement après la lenteur hivernale.
- Impatiens : pour apaiser l’impatience face au rythme du changement, et retrouver une forme de fluidité intérieure.
- Hornbeam : lorsque l’élan tarde à revenir, que l’on se sent un peu “lourd” au démarrage, elle redonne une énergie progressive, comme un matin de printemps.
- Crab Apple : pour accompagner les processus de nettoyage, autant physiques qu’émotionnels, et accueillir le renouveau avec plus de légèreté.
Ces fleurs ne poussent pas à aller plus vite.
Elles soutiennent simplement le mouvement naturel, en respectant le rythme propre à chacun.
Une ouverture en douceur
Pour conclure, le printemps est une invitation subtile : non pas à devenir quelqu’un d’autre, mais à revenir à soi, avec douceur et patience. Il ne nous demande pas d’être prêts. Il nous demande simplement d’être là.
De sentir.
De traverser.
Sur le tapis comme dans la vie, cela suffit.
Si, dans ce passage, vous ressentez un déséquilibre — fatigue persistante, agitation, difficulté à avancer ou à lâcher — les Fleurs de Bach peuvent vous accompagner de manière fine et personnalisée. Un entretien permet d’identifier ce qui se vit en vous et de trouver les élixirs les plus justes pour soutenir ce moment de transition, parce que chacun.e est différent.e, un conseil personnalisé peut vous permettre de vivre en douceur cette transition.
Et parce que le corps a lui aussi besoin d’être écouté, la pratique régulière du yoga reste une alliée précieuse. Non pas pour “faire plus”, mais pour vous offrir un espace pour respirer, délier, ressentir… et laisser le mouvement se faire, à votre rythme.
Vous pouvez me contacter si vous souhaitez être accompagné(e), que ce soit à travers les Fleurs de Bach ou sur le tapis.
Parfois, il suffit simplement d’un espace, d’une écoute, pour que le passage devienne plus doux.
En savoir plus sur Le Jardin Samtosha
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
